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Le Motif de la COP30 Sur Les Trajectoires Climatiques de L’Afrique

  • Hamza Kyeyune
  • 24 Kas 2025
  • 6 dakikada okunur

Les trajectoires climatiques de l’Afrique incluent la Grande Muraille Verte de 8 000 km, la Mission 300 visant à combler une large part du déficit énergétique du continent, ainsi que des initiatives telles que les échanges dette-projet climatique.


À l’approche du sommet climatique COP30 prévu en novembre, un deuxième Sommet africain sur le climat vient de s’achever en Éthiopie, au terme duquel les dirigeants africains se sont engagés à accélérer les investissements dans les énergies renouvelables.


Dans une déclaration, ils ont adressé un message fort en faveur d’une croissance verte fondée sur des ressources locales, appelant à la création d’une coalition de producteurs africains de minéraux critiques.


Cette déclaration servira de feuille de route pour le continent et de position commune de l’Afrique lors des négociations de la COP30. Elle met l’accent sur la nécessité de modèles climatiques nouveaux et innovants, alignés sur les trajectoires africaines de développement durable.


Parmi les trajectoires climatiques identifiées pour l’Afrique figurent la Grande Muraille Verte de 8 000 km, la Mission 300 destinée à combler une grande partie du déficit énergétique continental, et des initiatives telles que les échanges de dette contre projets climatiques.


La Grande Muraille Verte


La Grande Muraille Verte est une initiative visant à accroître la superficie des terres arables dans la région limitrophe du Sahara. Le projet ne consiste pas en un mur continu, mais en une mosaïque de paysages productifs et verdoyants.


S’étendant sur 8 000 kilomètres, de Sénégal à Djibouti, à travers le Sahel, il regroupe onze pays de la région sahélo-saharienne : le Burkina Faso, le Tchad, Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Soudan. Lancé en 2007 par l’Union africaine (UA), ce projet contribue aux objectifs climatiques mondiaux en séquestrant du carbone, en répondant à la désertification, qui menace les écosystèmes, et en promouvant une utilisation durable des terres.


L’objectif fondamental de cette initiative est de restaurer 100 millions d’hectares de terres grâce à la plantation et à la croissance d’une barrière végétale composée d’arbres, de prairies et de végétation afin de freiner la désertification, tout en adoptant des techniques agricoles durables, en favorisant la conservation de l’eau, en séquestrant 250 millions de tonnes de carbone, et en créant 10 millions d’emplois verts d’ici 2030.


Cependant, le projet fait face à des défis considérables : insuffisance des financements, conflits armés, instabilité politique, et faible priorité accordée par certains États membres.


En 2020, un rapport des Nations unies (ONU) a souligné que l’initiative n’était pas en bonne voie pour atteindre ses objectifs d’ici 2030. Moins de 20 % des 100 millions d’hectares avaient été restaurés et seuls 350 000 emplois avaient été créés.


Les dirigeants africains ont relancé le projet en 2021 à travers une mise à jour baptisée « Great Green Wall Accelerator », visant à atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.


Sur la base des conclusions de l’ONU, la COP30 devra veiller à maintenir l’attention et la dynamique nécessaires à la réalisation de ces objectifs. Cela s’aligne sur l’appel de l’Union africaine à renforcer la justice climatique mondiale, à consolider le multilatéralisme climatique et à accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris.



Les échanges Dette-Projet Climatique


Les échanges dette-projet climatique (Debt-for-Climate Swaps, DFCS) sont mis en avant comme une voie stratégique pour répondre à la crise climatique en Afrique.


Il s’agit d’accords par lesquels un créancier allège la dette d’un pays débiteur en échange de son engagement à réinvestir les fonds libérés dans des projets d’adaptation ou d’atténuation climatique.


Concrètement, une fois la dette partiellement annulée, le pays débiteur redirige les paiements dus vers des projets vérifiables tels que les énergies renouvelables, la conservation des forêts ou les infrastructures durables.


Ces mécanismes permettent de renforcer la stabilité budgétaire et la résilience climatique, tout en mobilisant des investissements dans des secteurs clés : agriculture durable, sécurité de l’eau, restauration forestière ou infrastructures urbaines vertes.


De telles innovations financières sont cruciales à un moment où les besoins de financement liés au développement, au climat et à la nature augmentent rapidement dans les pays à faible revenu, tandis que les pays développés réduisent leur aide publique.


En 2025, l’administration américaine a annoncé l’annulation de plus de 90 % de l’aide étrangère, soit environ 60 milliards de dollars. En mars, le Royaume-Uni a réduit son budget d’aide de 0,5 % à 0,3 % du PIB sur deux ans.


D’autres pays européens, comme la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède ou la Finlande, ont également annoncé d’importantes coupes budgétaires.


Parallèlement, de nombreux pays en développement les plus pauvres, y compris les plus vulnérables au climat, risquent de faire défaut sur leur dette, notamment après des catastrophes naturelles qui absorbent des ressources considérables pour la reconstruction.


En 2023, le Gabon est devenu le premier pays africain à lancer un échange dette-nature, d’un montant de 450 millions de dollars.


Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), au moins cinq autres pays africains collaborent sur ce qui pourrait devenir le premier échange dette-nature conjoint au monde, visant à mobiliser plus de 2 milliards de dollars pour protéger une région riche en coraux dans l’océan Indien.


Des initiatives analogues, telles que la Grande Muraille Bleue, visent à créer des aires marines protégées interconnectées pour atténuer les effets du changement climatique tout en valorisant le potentiel de l’économie bleue au service de la conservation et du développement durable.


L’objectif de la Grande Muraille Bleue est de protéger, restaurer et conserver 2 millions d’hectares d’écosystèmes océaniques et côtiers d’ici 2030.


Les pays africains soutenant ce plan incluent le Kenya, Madagascar, Maurice, le Mozambique, les Seychelles, la Somalie, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et les Comores.


Ainsi, le renforcement des échanges dette-climat dans le cadre des négociations de la COP30 représenterait une solution partielle à la crise de la dette, tout en dirigeant davantage de ressources vers la lutte climatique et la conservation.



Mission 300


Mission 300 est un programme transformateur visant à connecter 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne d’ici 2030, afin de combler une grande partie du déficit énergétique du continent.


Lancée en 2025 avec le soutien de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale, cette initiative répond au défi posé par les 600 millions d’Africains encore privés d’électricité.


Selon l’ONU, 685 millions de personnes, soit quatre sur cinq en Afrique subsaharienne, principalement dans les zones rurales et isolées, n’ont pas accès à l’électricité — ce qui représente plus de 80 % de la population mondiale non électrifiée.


Cette carence entraîne une dépendance au bois et au charbon pour la cuisson, favorisant la déforestation, la pollution atmosphérique, la détérioration de la santé, tout en freinant la croissance économique, l’éducation et la création d’emplois.


Face à une croissance démographique rapide, l’expansion de l’accès à l’électricité ne suit pas le rythme.L’Afrique, riche en ressources, doit donc concevoir un mix énergétique répondant à ses besoins de développement tout en respectant ses engagements environnementaux mondiaux.


Grâce à ses ressources renouvelables abondantes — solaire, éolienne, hydraulique —, le continent dispose d’une opportunité historique pour réduire la pauvreté énergétique.


De fait, plusieurs pays africains affichent le plus faible taux d’accès à l’électricité mais la plus forte part d’énergies renouvelables dans leur consommation finale, révélant un potentiel considérable pour le déploiement massif de ces technologies.


Selon la base de données mondiale sur les ODD, l’Afrique se distingue en chef de file mondial des énergies renouvelables, celles-ci représentant 55,5 % de sa consommation énergétique totale, contre 15,3 % en Europe, 12,4 % en Amérique du Nord et 16,8 % en Asie (données 2021).


Le continent détient 30 % des minéraux essentiels aux technologies vertes et 60 % des meilleures ressources solaires mondiales, soulignant un potentiel immense pour bâtir une croissance propre et inclusive.


La COP30 devra placer la lutte climatique africaine au premier plan, car la contribution du continent au réchauffement global reste marginale.



Investissements énergétiques


Selon plusieurs rapports, l’Afrique n’a reçu que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables au cours de la dernière décennie — un niveau très inférieur aux besoins nécessaires pour accélérer la transition.


Face à la réorientation des priorités des bailleurs, le continent doit passer d’une logique d’aide à une logique d’investissement stratégique, exploitant son ensoleillement, son hydroélectricité, sa géothermie, son éolien et ses minéraux critiques pour assurer son propre développement.


Le renforcement des instruments financiers africains, tels que les obligations vertes de la BAD et les pôles régionaux d’innovation climatique, est aujourd’hui plus crucial que jamais.


Dans le même esprit, les dirigeants africains et les institutions financières ont récemment soutenu l’Initiative africaine pour une industrialisation verte (AGII), avec un engagement de 100 milliards de dollars provenant de banques de développement et commerciales pour financer des projets d’énergie renouvelable et de nouvelles filières vertes.Ils se sont également engagés à mobiliser 50 milliards de dollars par an en financements catalytiques pour déployer 1 000 solutions face aux défis climatiques dans les secteurs de l’énergie, la sécurité alimentaire, les écosystèmes fragiles, le transport et la résilience d’ici 2030.


Les gouvernements africains doivent saisir la COP30 pour renforcer leurs engagements climatiques, en y intégrant les besoins concrets des populations.


Malgré le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, une nouvelle génération de Contributions déterminées au niveau national (CDN) doit être soumise avant la COP30 à Belém (Brésil). Les dirigeants africains ont ici l’occasion de démontrer que l’adaptation et la résilience ne sont pas des options, mais des nécessités incontournables.

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