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  • Ali ADAM X

Les partis politiques en Afrique : Défis et Solution

Les partis politiques jouent un rôle important dans la vie démocratique. Ils permettent de représenter les intérêts et les opinions des citoyens, d'organiser le débat public, de former les élites politiques et de participer aux élections. En Afrique, les partis politiques ont connu une histoire mouvementée, marquée par la colonisation, les indépendances, l'autoritarisme, les transitions démocratiques et les défis de la consolidation des institutions. Cet article vise à donner un aperçu des partis et des systèmes de partis en Afrique. Il abordera les questions suivantes : Quels sont les avantages et les inconvénients des partis politiques ? À quels défis sont-ils confrontés ? Quels types d'élections peuvent permettre au meilleur parti d'accéder au pouvoir ?



Le multipartisme existe littéralement dans tous les pays Africains. Il existe, en Afrique et dans le monde, plusieurs centaines voire milliers de partis politiques communément appelés l’opposition. Personnellement, je préfère le terme alternatif à l’opposition parce que je pense que ces partis ne doivent pas exister pour s’opposer, mais plutôt pour présenter des alternatives meilleures aux autres systèmes. Chaque parti politique est en effet une vision et un projet de société présenté au peuple.

En Afrique, la plupart des partis d’opposition sont créés pour tous les buts sauf celui de présenter au peuple un projet de développement alternatif. Certains partis politiques sont créés soit pour se rallier au parti au pouvoir à l’approche des élections (souvent ces partis sont même créés par les partis au pouvoir pour donner l’impression d’avoir la démocratie dans le pays et pour diviser les électeurs par communauté). D’autres sont créés et financés par les oligarques étrangers qui ont des intérêts dans le pays, afin de mettre la pression sur le pouvoir en place. Il y a également des partis politiques qui existent par désir de vengeance si seulement un jour ils accèdent au pouvoir. On a l’impression que le rôle des partis politiques en Afrique n’est que pour critiquer ou s’opposer au lieu de proposer. Rares sont ces partis qui viennent avec une vision claire et un projet bien précis auquel le peuple peut adhérer.



Défis de l'opposition politique en Afrique

L'Afrique a connu une vague de démocratisation au début des années 1990, marquée par la tenue d'élections multipartites dans la plupart des pays. Dans certains cas, ces élections permettent une rotation pacifique du pouvoir entre le parti au pouvoir et les partis d'opposition. Cependant, ces alternatives sont encore rares et limitées à quelques pays. En effet, sur 54 pays africains, seuls 19 ont remporté au moins une victoire de l'opposition partisane depuis l'indépendance.

Quels sont donc les obstacles et les défis auxquels sont confrontés les partis d'opposition en Afrique pour accéder au pouvoir de l'État ?

1. La structure et le financement des partis d'opposition: En effet, la plupart des partis d'opposition en Afrique sont mal organisés, manquent de ressources financières et humaines et ont du mal à mobiliser les électeurs. Ils sont souvent divisés sur le plan ethnique, régional ou idéologique, ce qui limite leur capacité à former des coalitions électorales efficaces. En outre, ils sont confrontés à la concurrence déloyale des partis au pouvoir, qui disposent de l'appareil d'État, des médias et des fonds publics pour financer leurs campagnes.

2. Le respect des règles du jeu démocratique par les acteurs politiques. En effet, les élections en Afrique sont souvent entachées de fraudes, de violences et d'irrégularités. Les partis d'opposition dénoncent régulièrement la partialité des institutions électorales, la manipulation des listes électorales, la manipulation des urnes, la fraude aux résultats ou l'intimidation des électeurs. Face à ces actes anti-démocratiques, ils doivent parfois boycotter les élections ou protester après les élections, ce qui peut conduire à une crise politique ou à un conflit social.

3. La consolidation de la démocratie après un changement de pouvoir. En effet, l'accès au pouvoir de l'opposition ne garantit pas nécessairement que le nouveau régime respecte les principes démocratiques. Certains partis d'opposition ont tendance à copier les mêmes pratiques autoritaires que leurs prédécesseurs une fois au pouvoir. Ils peuvent chercher à renforcer leur emprise sur l'État, réduire l'espace politique de leurs opposants ou modifier la constitution pour prolonger leur mandat. A ce titre, l'alternance des pouvoirs ne suffit pas à instaurer un véritable Etat de droit et une culture démocratique en Afrique.

4. Le manque de leadership exemplaire: La plupart d’entre eux combattent la longévité du pouvoir de nos présidents alors qu’eux-mêmes s’éternisent à la tête de leurs partis. Tout comme nos chefs d’Etats, rares sont ces chefs de partis d’alternatifs qui forment des leaders pour les remplacer afin de mieux communiquer la vision commune. Un leader qui ne forme pas un autre leader n’est pas un leader. Certains présidents fondateurs pensent être les seuls capables de diriger les partis qu’ils ont fondés, uniquement parce que c’est eux qui les ont fondés.



En résumé, les partis d'opposition en Afrique sont confrontés à de nombreux défis pour accéder au pouvoir de l'État et consolider la démocratie. Elles doivent renforcer leur organisation interne, leur représentativité sociale et leur crédibilité politique. Ils devraient également promouvoir le dialogue et la coopération avec d'autres acteurs politiques, y compris les partis au pouvoir, les organisations électorales et la société civile. Enfin, ils doivent respecter les règles du jeu démocratique et œuvrer pour le bien commun lorsqu'ils sont au pouvoir.



LES ELECTIONS

La mise en place d’un système politique dépend également de la manière avec laquelle les gouvernants accèdent au pouvoir. L’on peut constater que plus les élections sont transparentes plus le système est efficace ; moins elles sont libres moins le système est bon. C’est pourquoi l’une des défaillances de nos systèmes en Afrique est le fait que ce soit les oligarques qui puissent financer et mettre en place nos dirigeants, au lieu du peuple avec son propre désir. Nous devons renforcer nos critères d’éligibilité aux élections municipales, législatives et présidentielles pour éviter que des marionnettes soient à la tête de nos Etats. Nous devons également donner la chance aux jeunes leaders de participer à la gestion des affaires publiques, parce que l’Afrique est un continent de jeunes. Ce ne sont que les jeunes qui peuvent mieux comprendre les réels besoins du moment parce qu’ils en sont acteurs. L’âge moyen de nos gouvernants est trois fois plus que l’âge moyen de notre population, ceci n’est pas normal. Cela crée un conflit générationnel : les jeunes trop ambitieux mais peu impliqués dans les affaires publiques, et les plus âgés qui sont les détenteurs du pouvoir ne peuvent pas bien comprendre les défis du moment, ceux auxquels font face les jeunes.


Compte tenu de l’ignorance de la grande partie de notre peuple et du faible taux d’alphabétisation dans nos pays, le peuple ne vote pas par rapport au sens du leadership des candidats et leurs projets ; mais plutôt par rapport à leurs ethnies, régions ou religions. C’est pourquoi je propose qu’on puisse octroyer le droit de vote uniquement aux personnes instruites ayant un niveau minimum requis ; celui qui peut discerner le bon candidat du mauvais et qui peut différencier le vrai projet du faux ne peut pas avoir le même droit de vote qu’un ignorant qui ne sait même pas à quoi servent réellement la politique ou même les élections. Cela peut augmenter la chance d’avoir à la tête de nos états des bons leaders avec des bons projets aux lieux des traitres sans projets placés par des oligarques. Cela peut également permettre à plus de parents d’instruire leurs enfants, afin de jouir ne serait-ce que de plus de droits comme celui de vote. Sont-ils comparables celui qui connaît et celui qui ne connaît pas ?



Par ailleurs, pour éviter d’avoir à la tête de nos Etats des démagogues ou des leaders sans compétences, je pense qu’il est préférable que les expériences et les services rendus dans le passé par les différents candidats puissent également compter dans les résultats des élections. Il est fort probable qu’un candidat qui a travaillé dans les associations à but non lucratif pour servir la communauté, lutté dans les sociétés civiles pour protéger des droits, bien accompli ses devoirs, créé un bon nombre d’emplois, créé de la richesse à travers un projet, puisse être un meilleur leader qu’un autre candidat qui n’a jamais rien fait de tout cela. C’est pourquoi je propose qu’on puisse établir des critères très clairs et déterminer les preuves à retenir pour prendre également en compte le passé de chaque candidat, afin d’éviter toute manigance. Cela peut représenter un pourcentage des résultats des élections par exemple. Dans ce cas on n’aura pas choisi les leaders seulement par rapport à leurs savoir-dire, mais également par rapport à leur savoir-faire, leurs aptitudes, leurs réelles convictions etc. Cela peut permettre aux jeunes, qui aspirent à gouverner leurs pays, de pouvoir commencer à servir la communauté et à avoir une vision très tôt pour leurs Nations. Cela permet également à chaque personne de toujours protéger les droits, bien accomplir les devoirs et faire la différence ne serait-ce que pour ne pas être rattrapée dans le futur. Cela peut être plus équitable et peut permettre de changer les habitudes pour le meilleur.


Au lieu de penser à pousser les personnes à voter tel ou tel candidat à cause des habits et ou des sacs de riz qui leur sont distribués lors des campagnes, il est préférable de penser à scolariser tout le peuple pour que tout le monde puisse voter consciemment.



Conclusion

Bien qu’ils forment une stricte minorité, il existe réellement des partis politiques digne de ce nom. Ces partis ne sont pas souvent compris par le peuple à cause de leurs visions jugées impossibles, de leurs projets un peu trop complexes ou de leurs équipes trop catégoriques. Ils ont souvent des problèmes de financement à cause de leur droiture et de leur intégrité. Ils ne sont généralement pas invités par les médias, les tenants du pouvoir ou les autres partis alternatifs, de peur qu’ils réveillent les consciences ou remettent en cause le système en place. C'est pourquoi nous devons penser à une autre alternative qui puisse nous permettre de selectionner et de mettre au pouvoir les meilleurs partis à la tête de nos États.

Sources

- Livre : La Vision X, parue en 2023 aux editions Guiguess

- Africacenter.org

- Cairn.com

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