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L’Afrique du Sud et le G20 : Principaux Enseignements du Sommet

  • Yazarın fotoğrafı: Adem Aman Shibu
    Adem Aman Shibu
  • 28 Şub
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Introduction


En 2025, le Sommet des dirigeants du G20 s’est tenu à Johannesburg, en Afrique du Sud, sous le thème « Solidarité, Égalité, Durabilité ». Cet événement marquant, organisé pour la première fois sur le continent africain, souligne le rôle croissant de l’Afrique dans les affaires mondiales. Le sommet a réuni les dirigeants des économies développées et des pays émergents autour d’un agenda politique et de développement socio-économique commun, ambitieux et complexe.L’agenda du développement africain a été intégré et articulé avec celui de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), conformément à l’Agenda 2063 et à l’Agenda 2030, tant dans les discussions que dans la Déclaration finale et les communiqués de presse du G20. Le sommet, auquel l’Union africaine a participé pour la première fois en tant que membre du G20, a également confirmé que l’Afrique occupait une place centrale dans les discussions officielles. La couverture du forum a révélé que les réalités africaines étaient traitées comme une préoccupation majeure plutôt que marginale. Cela reflète la primauté du continent dans les processus de transformation sociale, politique et économique, ainsi que dans la résilience climatique et la croissance inclusive, dans un ordre mondial en mutation rapide.Cet article vise à analyser le Sommet des dirigeants du G20 à Johannesburg, à la lumière de l’esprit de l’Ubuntu, en en examinant les forces et les limites à partir des principaux enseignements du forum.


Perspective Historique du Sommet


Bien que ce forum ait été historique par son orientation centrée sur l’Afrique et par sa tenue pour la première fois sur le sol africain, il a néanmoins été affecté par une participation limitée. Les États-Unis ont explicitement boycotté le sommet, tandis que les dirigeants de l’Argentine, de la Chine, de l’Indonésie et du Mexique étaient également absents. Ces absences ont soulevé d’importantes interrogations quant à l’efficacité et à la cohésion de la réunion. En lien avec cette situation, le Parlement européen a exprimé ses préoccupations face à la « faible participation des dirigeants », soulignant que le boycott des États-Unis et l’absence d’autres chefs d’État avaient affaibli la coopération multilatérale au sein du G20.Ces développements ont nourri une lecture pessimiste du sommet, lequel plaçait le pays hôte face à de lourdes responsabilités dans un contexte difficile. Néanmoins, d’un point de vue symbolique, ce sommet historique a marqué un déplacement des lieux traditionnels de gouvernance mondiale, du Nord global vers le Sud global.


Cette évolution reflète progressivement une intégration plus large des perspectives et priorités africaines au cœur des affaires internationales et des processus décisionnels mondiaux. Plus encore, la Déclaration des dirigeants a explicitement ancré ses engagements dans l’esprit de la philosophie africaine autochtone de l’Ubuntu, communément exprimée par la formule « Je suis parce que nous sommes », mettant en avant l’unité, la solidarité et la prospérité partagée.



Les Avantages du Sommet : Des Gains Pour L’Afrique et le Sud Global


Le sommet revêt une importance et un impact significatifs pour le Sud global et pour ses principaux partenaires géopolitiques et socio-économiques, notamment parce qu’il s’est tenu en Afrique du Sud, l’un des membres fondateurs du bloc des BRICS+. Pour la première fois, les défis du développement africain ont été placés au cœur de l’agenda du G20.Ces avancées ont renforcé la visibilité du Sud global dans la structuration du futur ordre mondial, en portant à un niveau d’engagement international des enjeux de longue date au sein des cercles de politiques publiques africaines — tels que l’accès à l’énergie, la soutenabilité de la dette et les déficits de financement climatique.


Au-delà de cette visibilité accrue, des efforts ont également été engagés pour renforcer la représentation de l’Afrique au sein des institutions financières internationales. À titre d’exemple, les réformes de la gouvernance du FMI et la création de postes dédiés témoignent d’une inclusion institutionnelle attendue de longue date. Ces réformes pourraient améliorer l’influence politique des États africains dans les structures décisionnelles multilatérales.Par ailleurs, des programmes tels que Mission 300 et les cadres relatifs aux minerais critiques, discutés lors du sommet, constituent des partenariats opérationnels susceptibles d’avoir des effets durables sur l’accès à l’énergie et la transformation industrielle en Afrique. S’ils sont pleinement financés et mis en œuvre, ces mécanismes pourraient accélérer des trajectoires de développement durable.


En définitive, le sommet a joué un rôle déterminant dans la visibilité et la capacité d’influence du Sud global, dans la reconnaissance institutionnelle de l’Afrique, ainsi que dans le lancement de nouvelles initiatives et cadres de coopération.


Défis Majeurs : Les Limites du Consensus


La position de l’Afrique au sein du cadre du G20 demeure toutefois largement instrumentale plutôt que substantielle. Même dans des contextes de stabilité et de potentiel économique, le continent suscite un intérêt limité, sauf lorsque ses ressources servent des intérêts extérieurs. Les puissances mondiales manifestent souvent une réticence lorsque l’engagement suppose des bénéfices mutuels réels pour les sociétés africaines.


L’absence du président des États-Unis au sommet de Johannesburg illustre cet engagement sélectif, les justifications avancées manquant de portée globale substantielle. Plus largement, les approches impériales et capitalistes vis-à-vis de l’Afrique tendent à contourner les normes juridiques établies, les principes de développement, la justice économique et sociale, ainsi que les standards humanitaires, aboutissant à des partenariats déséquilibrés et peu durables.À cela s’ajoute la persistance de récits médiatiques occidentaux négatifs sur l’Afrique — famine, conflits, pauvreté, maladies, chômage — qui minent la confiance du continent et contribuent à des défis structurels tels que l’émigration et la fuite des cerveaux, de nombreux talents cherchant des opportunités dans les économies occidentales.


L’absence des États-Unis au plus haut niveau, motivée par des tensions diplomatiques avec le pays hôte, a affaibli le potentiel de leadership mondial unifié sur des enjeux majeurs. Elle a également mis en lumière la fragmentation géopolitique, notamment au sein du Sud global. Cette situation risque d’accentuer les divisions politiques mondiales, en particulier la dichotomie Est-Ouest ou Nord-Sud, d’autant plus que les États-Unis, puissance hégémonique majeure, étaient absents des discussions clés sur le financement climatique et la restructuration de la dette.


Enfin, l’absence d’engagements contraignants dans la Déclaration finale suscite des inquiétudes quant à l’impact réel des annonces, nombre de promesses demeurant générales et non obligatoires. Les discussions sur les conflits en cours — au Soudan, en Ukraine et dans les territoires palestiniens — ont également mis en évidence les difficultés à parvenir à un consensus face à des intérêts régionaux divergents.



Enseignements Thématiques Clés


Ce premier Sommet du G20 tenu en Afrique a généré de nombreux enseignements thématiques majeurs. L’un des résultats les plus significatifs concerne l’accent collectif mis sur la stabilité climatique et la transition vers les énergies renouvelables, avec une attention particulière aux solutions justes et inclusives pour les économies émergentes. La Déclaration a soutenu l’augmentation des capacités mondiales en énergies renouvelables d’ici 2030, notamment en Afrique, et a encouragé un financement massif de l’adaptation et de l’atténuation climatiques.L’urgence est manifeste : plus de 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité et près d’un milliard ne disposent pas de solutions de cuisson propre. Dans ce contexte, l’appui du G20 à l’initiative Mission 300, visant à fournir l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030, illustre une convergence significative entre engagements globaux et besoins de développement du continent.


La question de la vulnérabilité de la dette des pays à faible revenu, en particulier africains, a constitué un autre enjeu central. Les économies africaines font face à des coûts de financement élevés, à des capacités financières limitées et à un endettement extérieur lourd. La Déclaration a reconnu les obstacles au traitement de la dette et s’est engagée à renforcer les cadres de soutenabilité, notamment à travers le Cadre commun du G20 et un dialogue accru avec les créanciers privés.


Le cadre relatif aux minerais critiques, destiné à sécuriser des chaînes d’approvisionnement durables pour des ressources essentielles comme le lithium et le cobalt, a également été mis en avant, en faveur d’une gouvernance mondiale plus équitable des ressources.La transformation numérique a occupé une place importante, avec des initiatives en faveur de l’inclusion numérique, de la gouvernance de l’intelligence artificielle et du développement des compétences technologiques, notamment à travers le programme AI for Africa. Les dirigeants ont également abordé la résilience des systèmes de santé, la sécurité alimentaire, l’inclusion sociale, le soutien à la ZLECAf et la lutte contre le chômage des jeunes.


Les principaux axes thématiques peuvent être résumés comme suit :

  • Action climatique et transition énergétique juste

  • Renforcement de la soutenabilité et de la restructuration de la dette

  • Minéraux critiques et développement des chaînes de valeur

  • Inclusion numérique et intelligence artificielle pour l’Afrique

  • Santé, sécurité alimentaire et inclusion sociale



Perspectives : Quelles Suites Donner ?


Le sommet de Johannesburg a constitué un moment clé pour le renforcement de la présence diplomatique de l’Afrique sur la scène mondiale, tout en révélant, par certaines absences, les limites de l’engagement de certains acteurs. L’impact réel des promesses formulées dépendra de leur mise en œuvre effective, de la mobilisation des financements et de la poursuite des efforts diplomatiques visant à renforcer le multilatéralisme, à aligner les financements du développement sur les objectifs climatiques et à traduire les cadres de restructuration de la dette en actions concrètes.


En définitive, la collaboration entre les États africains, la société civile et le secteur privé sera déterminante pour maintenir la dynamique. Si les engagements du sommet — investissements stratégiques et politiques de bonne gouvernance — sont effectivement réalisés, ils pourraient constituer une étape décisive vers une économie mondiale plus inclusive et durable. La concrétisation de ces promesses exigera résilience, responsabilité et coopération continue entre l’ensemble des parties prenantes.

 

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