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Explorer les Partenaires Stratégiques de L’Afrique : BRICS, UE, États-Unis

  • Hamza Kyeyune
  • 2 gün önce
  • 7 dakikada okunur


L’Afrique se trouve au cœur de presque toutes les crises mondiales : pauvreté extrême, changement climatique, inégalités, mais elle constitue aussi un pilier d’opportunités allant d’un immense potentiel de croissance dans les énergies renouvelables, les avancées technologiques, à l’industrie manufacturière, l’agriculture et l’agro-transformation.


Dans un contexte de réduction de l’aide par les principaux bailleurs, de perturbations du commerce international, de blocage de la réforme de l’architecture financière internationale, de conflits à travers le monde et de montée de la pauvreté extrême en Afrique subsaharienne, le continent a rapidement diversifié ses relations extérieures. Ces dernières années, l’Afrique est devenue un point focal d’une intense concurrence internationale et d’intérêts stratégiques. Plusieurs pays, dont la Türkiye, ont étendu leur influence en Afrique au-delà des sphères traditionnelles d’engagement, à travers une politique étrangère robuste visant à maximiser leur positionnement mondial et leur autonomie stratégique. Ankara a considérablement renforcé sa présence diplomatique, portant son réseau à 44 ambassades à travers l’Afrique et accueillant 37 missions diplomatiques africaines. D’autres pays, tels que la Chine, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, accélèrent également leur engagement sur le continent.


Afrique – Union Européenne


Les anciennes puissances coloniales européennes continuent de chercher de nouveaux alliés alors que leur crédibilité s’érode dans plusieurs régions d’Afrique, mais aussi dans une grande partie du monde arabe, notamment depuis leur incapacité manifeste à condamner le génocide et l’impunité d’Israël à Gaza.


Alors que l’Afrique se tourne de plus en plus vers des institutions alternatives telles que les BRICS, non alignées sur les blocs de pouvoir occidentaux, le continent demeure attaché à l’Union européenne (UE) tant que celle-ci peut soutenir sa quête de relations commerciales plus équitables, d’une meilleure représentation dans les institutions multilatérales comme le Conseil de sécurité des Nations unies, le FMI et la Banque mondiale, et qu’elle est disposée à ajuster son héritage post-colonial.


Afin de regagner du terrain dans un monde marqué par une concurrence féroce, l’Europe adopte différentes approches, notamment l’initiative Global Gateway de l’UE, une stratégie de 300 milliards d’euros visant à mettre en place des programmes d’investissement en Afrique.


Dans le cadre de cette initiative, plusieurs projets à fort impact ont été lancés sur le continent, notamment le corridor de Lobito (2 milliards d’euros), reliant la République démocratique du Congo, la Zambie et l’Angola ; l’initiative Manufacturing and Access to Vaccines, Medicines and Health Technologies (MAV+), dotée de 2 milliards d’euros, destinée à renforcer la production locale de vaccins et à garantir un accès équitable à des produits de santé sûrs et abordables ; ainsi que l’initiative Afrique-Europe pour l’énergie verte, qui vise à fournir au moins 50 GW de nouvelles capacités de production d’énergies renouvelables et à donner accès à l’électricité à 100 millions de personnes d’ici 2030, entre autres projets.


Cette stratégie, motivée par l’appétit européen pour les ressources naturelles du continent, son secteur agricole encore largement inexploité, ainsi que par les opportunités d’investissement et de transfert de technologies et de savoir-faire à destination d’une classe moyenne en croissance, estimée à plus de 300 millions de personnes, vise à faire progresser les intérêts économiques, géopolitiques et sécuritaires de l’UE, en utilisant l’aide au développement pour amortir les risques du capital-investissement.


Dans une approche plus transactionnelle qu’auparavant, le bloc a indiqué vouloir désormais se concentrer sur la promotion de ses propres intérêts, notamment la lutte contre la migration irrégulière, l’accès aux minerais critiques, la sécurité énergétique et le renforcement de son autonomie stratégique. Cette évolution reflète en partie un changement de l’opinion publique européenne, de plus en plus sceptique à l’égard d’une solidarité générique fondée sur les subventions.


Dans un ordre mondial en mutation rapide, les enjeux sont élevés pour les deux continents. L’objectif de l’UE est de démontrer qu’elle peut être un partenaire plus efficace et plus fiable, mais sa capacité à conserver cette position dépend de la qualité de sa relation avec ses partenaires africains.


Si le Global Gateway est globalement apprécié du côté africain, il n’existe toutefois pas de consensus sur les projets prioritaires, ceux-ci étant perçus comme davantage définis par l’UE que co-construits par les deux parties.


Si le Global Gateway doit devenir le moteur du partenariat entre l’UE et l’Afrique, les projets doivent être conçus en adéquation avec les priorités africaines et ne pas être dictés par l’Europe. L’implication des systèmes africains et des populations locales est essentielle pour façonner des actions réellement impactantes. Des initiatives conjointes renforcent la confiance mutuelle, consolident la relation entre l’Europe et l’Afrique et permettent de répondre aux priorités partagées des deux continents dans le cadre d’un partenariat fondé sur l’égalité et les intérêts mutuels.



Afrique – G20


Le Groupe des Vingt (G20), qui réunit les principales économies développées et émergentes du monde, a marqué l’histoire en 2023 en intégrant l’Union africaine (UA) comme membre permanent.

Le président américain Donald Trump, prochain président du G20 et hôte du sommet l’année suivante, a boycotté le sommet de cette année en Afrique du Sud. Il a également annoncé que les États-Unis n’inviteraient pas l’Afrique du Sud au sommet du G20 de 2026 à Washington et qu’ils feraient pression pour exclure Pretoria du groupe.


Ce qui avait commencé comme un désaccord apparemment trivial autour d’un récit fallacieux est devenu un véritable séisme diplomatique ébranlant les économies mondiales. La crise a débuté lorsque le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est rendu à la Maison-Blanche à Washington en mai, et que le président américain Donald Trump l’a confronté à des accusations de « génocide des Blancs », une affirmation issue de théories complotistes d’extrême droite. Ces accusations ont été rejetées par Pretoria, discréditées par des chercheurs indépendants et même contredites par certains éléments de l’appareil de sécurité nationale américain. L’échange tendu dans le bureau ovale a préparé le terrain à une rupture géopolitique susceptible d’influencer l’orientation des grandes économies pour les années à venir.


Une Gifle Pour L’Afrique


L’Afrique du Sud est l’une des principales voix du continent et l’un des rares pays africains régulièrement consultés sur les affaires internationales, qu’il s’agisse de sécurité, de droits humains, de commerce, de climat ou de réformes de l’ONU.


Son héritage historique de lutte contre l’apartheid lui confère une forte légitimité morale sur la scène internationale, une position que l’Afrique a mis des décennies à construire. Le continent aspire à un monde multipolaire plus inclusif, où il ne serait pas seulement présent à la table des discussions, mais capable d’influencer l’agenda de l’ordre mondial. La décision de Donald Trump de s’en prendre à l’Afrique du Sud ne constitue pas seulement une humiliation diplomatique pour Pretoria, mais aussi une gifle pour l’ensemble du continent, envoyant le message que la représentation africaine est conditionnelle, réversible et jetable.


Exclure l’Afrique du Sud du G20 ne sape pas seulement le principe fondateur du groupe, mais nuit également aux intérêts à long terme des États-Unis, qui cherchent à nouer des partenariats avec un continent que le monde entier courtise actuellement. Un G20 affaibli ouvre la voie à une influence accrue de la Chine, qui dispose déjà d’une présence significative en Afrique, et risque de pousser encore davantage le continent dans l’orbite de Pékin.


Les États-Unis décrivent souvent l’Afrique comme centrale pour la sécurité maritime dans l’océan Indien, cruciale pour contrer l’influence mondiale de la Chine et abritant certaines des économies à la croissance la plus rapide au monde. Pourtant, les décisions de Donald Trump vont à l’encontre de ces objectifs stratégiques et renforcent l’idée que les institutions dirigées par l’Occident sont incohérentes, rendant des alternatives comme les BRICS plus nécessaires.


La rupture actuelle pourrait renforcer les bases d’un nouvel ordre mondial, dans lequel l’appartenance aux institutions internationales ne dépendrait plus de l’humeur des grandes puissances, mais de principes d’égalité, d’inclusivité et d’équité dans la gouvernance mondiale. L’Afrique devrait, dans ce contexte, renforcer les structures de l’Union africaine et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la plus vaste zone de libre-échange au monde, regroupant 55 pays de l’UA et visant à intégrer 1,4 milliard de personnes dans un marché unique estimé à 3 400 milliards de dollars. L’Afrique doit également continuer à dialoguer avec les blocs occidentaux sur un pied d’égalité.



BRICS


Le sommet des BRICS représente une opportunité pour un continent longtemps marginalisé dans l’ordre géopolitique mondial. Avec plusieurs pays africains désormais membres du bloc, celui-ci constitue une plateforme supplémentaire permettant à l’Afrique d’amplifier sa voix dans un paysage géopolitique en mutation, dont elle a longtemps été exclue des processus décisionnels mondiaux.


Trois pays africains — l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie — sont actuellement membres à part entière des BRICS, tandis que le Nigeria, l’Ouganda et l’Algérie sont des partenaires proches en attente d’une adhésion complète. Plusieurs autres États ont également exprimé leur intérêt à rejoindre le bloc.


L’Afrique du Sud a été le pays africain pionnier à rejoindre les BRICS en 2011, après avoir reçu une invitation officielle du groupe en 2010. En tant que pays représentant environ un tiers de l’économie de l’Afrique subsaharienne, elle a constitué un point d’entrée pour le bloc vers le marché africain d’un milliard de consommateurs.


Lorsque l’Afrique du Sud a rejoint les BRICS, cela a envoyé un signal fort quant à son statut de puissance régionale influente et de porte d’entrée vers le continent, capable de défendre les intérêts de l’Afrique dans son ensemble. Le groupe est alors devenu véritablement mondial, s’étendant de l’Amérique latine à l’Eurasie jusqu’à l’Afrique. Sans l’Afrique du Sud, les BRICS perdraient leur équilibre africain et leur prétention à représenter le Sud global serait affaiblie.


L’adhésion de l’Éthiopie et de l’Égypte a ouvert de nouvelles opportunités en matière de coopération interétatique, ainsi que de nouveaux accords financiers susceptibles de réduire les risques financiers et d’attirer d’importants investissements dans la région.


Avec seulement trois grandes puissances africaines membres des BRICS, la représentation du continent reste insuffisante. L’élargissement de la présence africaine au sein du bloc est donc primordial. Des pays comme le Nigeria, l’une des économies émergentes du groupe des « Next 11 », devraient être au cœur des préoccupations. Bien qu’il ait exprimé son souhait de rejoindre les BRICS, Abuja n’a pas encore engagé d’efforts soutenus en ce sens, se concentrant davantage sur ses défis internes, notamment l’insécurité.

 

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